Parmi les premiers, Mikhaïl Gorbatchev a exprimé ses « très sincères condoléances à la famille du défunt, qui porte la responsabilité d’événements majeurs pour le bien du pays, ainsi que de graves erreurs ». À l’inverse, l’oligarque Boris Berezovski a regretté la disparition de « son mentor », déclarant que « la Russie a perdu son plus grand réformateur ». De son côté, le porte-parole de la Maison-Blanche a salué une « figure historique à une époque de grands changements et de défis pour la Russie ».

Né le 1er février 1931 dans une famille pauvre, solidement enracinée dans la paysannerie, d’un village de l’Oural de la région de Sverdlosk, Boris Eltsine a commencé sa carrière comme premier secrétaire du Parti communiste de la région. Après cet épisode qui lui avait permis d’exercer sa poigne, il avait été appelé à Moscou pour intégrer, en 1981, le comité central du parti. En 1989, aux premières législatives à candidatures multiples, il fut élu à Moscou avec 89 % des voix. Élu président le 12 juin 1991 au suffrage universel, il a dirigé une politique de privatisations d’une main de fer, naviguant entre conflits et intrigues entre responsables qui tournèrent rapidement en luttes de clans.

En 1993, déjà, il lance l’armée à l’assaut du Parlement pour sauver un pouvoir qu’il consolide aussitôt par une nouvelle Constitution. Peu après, la répression sanglante qu’il mène contre l’indépendantisme tchétchène finit d’oblitérer son crédit : ses capacités à diriger sont en outre régulièrement mises en doute en raison d’un penchant pour l’alcool et de fréquents ennuis de santé. Il réussit malgré tout à se faire réélire à la tête du pays en juillet 1996 et subit peu après un quintuple pontage coronarien. Son second mandat est marqué par des maladies à répétitions et les grossières tentatives de son entourage de maquiller les faiblesses d’un homme qui se présentait souvent en public titubant et imbibé d’alcool, enchaînant les nominations à la tête du gouvernement.

Sa démission le 31 décembre 1999 - pour raisons de santé - avait créé la surprise générale. Boris Eltsine, qui a connu une fin de règne difficile (l’année 1998 a été marquée en Russie par une grave crise financière), avait pris soin avant de quitter le pouvoir de choisir son dauphin à la tête d’un pays en déclin : Vladimir Poutine. À peine nommé, ce dernier a signé un décret accordant des garanties à Boris Eltsine, lui assurant de conserver son immunité de chef d’État.

Source: humanite.fr