Sur les relations internationales
"Le programme de M. Sarkozy comporte des ressemblances avec "l'agenda thatcherien" des années 80 : baisse d'impôts, réforme des syndicats et recul de l'Etat bureaucrate. mais la ressemblance s'arrête là. Bien qu'il parle de rupture avec le passé, il n'a pas abandonné la traditionnelle croyance gaulliste en l'importance de l'Etat. Il croit à l'identification et au soutien des champions industriels. Il veut que l'UE protège les industries de la concurrence supposée déloyale de la Chine et d'autres pays en voie de développement. Il veut se dégager de l'indépendance de la Banque Centrale Européenne et persuader d'autres Etats européens de faire pression à la baisse sur l'euro. Dans tous ces cas, il est susceptible d'aller au clash avec d'autres gouvernements européens, en particulier celui de Gordon Brown". (John Lichfield, The Independent).
"L'arrivée de M. Sarkozy à l'Elysée peut laisser présager une amélioration des relations avec Londres et Washington, mais la pratique du langage de l'atlantisme par M. Sarkozy peut s'avérer décevante. Il a les yeux braqués sur la résurrection d'une mini-constitution ; idéologiquement parlant, il a plus en commun avec la chancelière allemande, Angela Merkel, qu'avec Gordon Brown et s'est posé en champion vaillant de l'industrie française. Il serait prématuré de prévoir une nouvelle lune de miel dans les relations franco-anglaises". (non signé, The Independent)
"Il sera plus facile de voir un effet Sarkozy à l'étranger qu'en France. Pour réparer les relations avec Washington - surtout avec une administration dans cet état -, il n'en faut pas beaucoup plus que le simple fait de déclarer le vouloir et de prendre l'avion (...) Au sein de l'Union européenne, le simple fait d'avoir un nouveau Président français débloquera la paralysie au sujet de la constitution (...) Sarkozy est globalement favorable à une version édulcorée de l'originale. Etant donné que c'est tout ce que la Grande-Bretagne et d'autres pays accepteront, cette version peut s'avérer le bon compromis, malgré le désir allemand pour quelque chose de plus ambitieux." (Bronwen Maddox, The Times)
Sur la vie démocratique
"Nous devrions être davantage comme les Français (...) En Grande-Bretagne et aux USA, un électeur doit affronter un tsunami de trivialités et de désinformation avant de trouver quoi que ce soit. Ils doivent supporter les bavardages sans fin de Westminster village à propos de Blair et de Brown ou à propos des vies sexuelles de Blunkett ou de Boris. La plupart abandonnent sans avoir fait de choix, se disant que la conversation politique ne les concerne pas. Les Français, eux, ont mis en place des garde-fous pour faire en sorte que la démocratie ne soit pas bradée de la sorte. Ils ont une politique de protection de la vie privée : même le fait que la femme de M. Sarkozy, Cécilia, semble l'avoir quitté le jour du grand débat présidentiel, n'a pas été médiatisé. Ils interdisent la publication des sondages les jours précédant le vote, pour s'assurer que le débat reste centré sur les idées et non sur la course de chevaux. Et ça marche. J'ai de la sympathie envers ceux qui proposent le vote obligatoire, à l'australienne, pour remédier à la désertion de nos bureaux de vote, mais cela traite le symptôme et non pas la maladie de l'abstention. Les Français nous ont montré que si l'on donne aux gens de la politique sérieuse, ils la prendront sérieusement." (Johann Hari, The Independent)
Source : wikio.fr
Commentaires
Aucun commentaire pour le moment.
Ajouter un commentaire