Accès et participation.

Nombre de pays se trouvent de plus en plus marginalisés du fait de facteurs comme les économies d'échelle, l'absence de stratégie nationale, des infrastructures déficientes et une demande insuffisante. Certains groupes de militants des pays les plus privilégiés assurent la circulation des ouvrages et des idées provenant de pays technologiquement désavantagés. Quelques entreprises clairvoyantes investissent massivement dans ces derniers pour y implanter des infrastructures médiatiques.

Quelles mesures les gouvernements pourraient-ils adopter pour renforcer et compléter ces initiatives de la société civile et du secteur privé ? Des idées forces jaillissent de nouvelles structures de base qui tendent à rassembler des populations beaucoup plus diverses que les grandes institutions (sur le plan du sexe, de l'origine ethnique, des qualifications professionnelles, notamment). Parallèlement, il y a les groupes socialement déconnectés, exclus, ‘les cyberghettos’, les voix dissidentes marginalisées de jeunes programmeurs et concepteurs.

L'éducation et la formation sont également d'importantes questions liées à l'accès.

L'initiation à l'informatique et à la technologie des médias est essentielle pour éviter que se forme un quart monde de l'information éternellement exclu ainsi que pour former une génération de jeunes utilisateurs. Nombreux sont ceux qui considéreraient que c'est aussi vrai dans les systèmes scolaires fragiles et défavorisés que dans ceux qui sont développés et complexes, puisque seule une meilleure compréhension du processus de communication peut aider les futurs citoyens d'un monde global à former leurs propres opinions et leur sens critique s'agissant de ce que le cyberespace a de meilleur et de pire à offrir.

Contenu.

Suivant la logique du commerce électronique et du développement technologique, le système dans son ensemble doit être interexploitable et interconnectable. Mais les impératifs des politiques culturelles nous imposent de demander comment des cultures et des populations différentes peuvent se trouver représentées dans le cyberespace. Devrions-nous accepter l'idée d'une stratégie de marché uniformisée ? Comment formuler des stratégies menant plutôt à la diversité ? Quelles mesures faut-il adopter ?

En dépit des déséquilibres actuels, l'infrastructure est pour l'essentiel en place ; ce qui manque c'est un contenu original propre au lieu, exprimant de nouvelles formes de créativité et des préoccupations locales. Si nous voulons assurer la pluralité sur l'autoroute mondiale de l'information, il faut concevoir des stratégies nationales et de nouvelles modalités réglementaires permettant de promouvoir et d'élaborer des contenus nationaux. Parallèlement, il conviendrait de définir de nouvelles approches des droits de propriété intellectuelle et donc d'élaborer progressivement un droit international du cyberespace.

Droits d'auteur et autres droits de propriété intellectuelle.

La numérisation met en cause la base même sur laquelle reposent les droits d'auteur et les droits de propriété intellectuelle. Mais en même temps, ceux-ci vont devenir le principal moyen d'assurer une juste rémunération du processus créatif dans une économie mondiale ouverte.

Dans ce monde du numérique, il faut trouver comment faire en sorte que le revenu des créations revienne à leurs auteurs de façon à entretenir la créativité. Un autre aspect concerne la ‘colonisation’ numérique des fonds de musées et d'autres institutions qui gèrent un patrimoine considéré à juste titre comme l'héritage partagé – le domaine public – de l'humanité. Comment ces pratiques peuvent-elles être contrôlées et des principes établis à cette fin?

Source: unesco.org